Version au Point Éphémère, Paris
Le visage d’une femme, fixant le vide, est projeté sur une série de voiles strictement parallèles. La progression de la lumière est progressivement ralentie par les couches de tissu et l’image s’estompe en conséquence.
La femme dont la silhouette semble se fondre dans le fond noir de l’image est Marlow Moss. À la pointe de l’avant-garde, elle fut la première à peindre des lignes parallèles qui se croisent. Pourtant, elle a disparu de l’Histoire de l’art, éclipsée par Piet Mondrian.
Elle est souvent considérée comme une simple suiveuse mineure de ce dernier, bien que leur correspondance prouve qu’elle a en réalité exercé une grande influence sur le peintre.
Version au Point Éphémère, Paris
« Longtemps, il s’est cru photographe. Mais ce qu’Emmanuel Guillaud saisit devient la matière première d’installations labyrinthiques.
Il compose des environnements obscurs révélés par des projections.
Plongés dans ce dispositif, les spectateur·rices deviennent les acteurs d’un théâtre d’ombres, et l’artiste, un “maître de la fantasmagorie”. […]
Lors d’une performance, les voiles sont arrachés. Le visage de l’artiste oubliée ne subsiste plus que comme un pur rayon de lumière.
[…] Si “sans titre (lignes)” ne relève plus de la boîte noire, la dimension fantasmagorique demeure. Le visage d’une femme, fixant le vide, est projeté sur des voiles. La lumière ralentit à travers les couches de tissu, et l’image s’estompe. Guillaud rend hommage à Marlow Moss, artiste d’avant-garde et cofondatrice du groupe Abstraction-Création, éclipsée par Piet Mondrian. »
Manon Klein, curatrice. Texte tiré du catalogue d’exposition
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